L'autre qu'on adorait
EAN13 : 9782072688201
ISBN :978-2-07-268820-1
Éditeur :Gallimard
Date Parution :
Collection :Blanche
Nombre de pages :304
Dimensions : 20 x 20 x 2 cm
Poids : 309 g
Langue : français

L'autre qu'on adorait

De

Vendu par Librairie l'Esperluète (Chartres 28000)

20.00€

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«Quand tu penses à ce qui t’arrive, tu as l’impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d’un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d’amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable. Ce n’est pas un film. C’est ta vie.» L’autre qu’on adorait fait revivre Thomas, un homme d’une vitalité exubérante qui fut l’amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s’est suicidé à trente-neuf ans aux États-Unis. Ce douzième roman de Catherine Cusset, où l’on retrouve l’intensité psychologique, le style serré et le rythme rapide qui ont fait le succès du Problème avec Jane, de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, déroule avec une rare empathie la mécanique implacable d’une descente aux enfers.
Catherine Cusset a publié une quinzaine de livres récompensés par divers prix littéraires. Elle vit à New York. Elle est traduite en seize langues.

Catherine Cusset (Auteur) a également contribué aux livres...

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Lu dans la presse

Article de presse : L'Autre qu'on adorait

Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 14 août 2016

Avec le temps, tout revient. On la rencontre et d'emblée elle dit : "Je n'y suis pas." Ses premiers mots. En fait, elle y est comme jamais. Elle habite chaque ligne d'un roman vrai, consacré à la vie et à la mort d'un ami se mouvant sur la ligne de crête. Le brillant Thomas Bulot s'est suicidé en 2008, à 39 ans, en Virginie, et avec le temps tout revient. La romancière Catherine Cusset retrace la trajectoire d'un garçon sensible, drôle, original, accumulant les ruptures sentimentales et les échecs professionnels comme on creuse un sillon noir de plus en plus profond. Elle restitue ce qu'elle sait ; elle invente ce qu'elle ne sait pas. Elle se tend un miroir à bras raccourcis. Car c'est bien elle la narratrice, normalienne de la rue d'Ulm et agrégée de lettres classiques, qui s'interroge sur la conception française de l'échec et de la réussite. Car c'est bien elle la narratrice, camarade cruelle et généreuse passant les autres à la moulinette de son style acéré, qui s'interroge sur le poids de la culpabilité face à un suicide. Alors oui, quoi qu'elle en dise, elle y est.
Elle cherche le moment de bascule

Depuis près de dix ans, elle tentait de l'écrire, ce récit-roman du clair-obscur. Elle a songé écrire un livre sur un chagrin d'amitié, elle a songé écrire un livre sur une trajectoire cabossée, elle a songé écrire un livre sur un deuil impossible. Et puis, tout d'un coup, a surgi L'autre qu'on adorait. Catherine Cusset s'adresse directement à l'ami, entre dans sa tête, comprend sa tragédie. "Je suis devenue moins rationnelle. J'ai eu l'intuition de sa souffrance. Je ne voulais plus raconter un parcours factuel, mais tenter de me mettre à sa place. Vivre, c'est passer par le chas d'une aiguille. Je ne suis pas fataliste. Il aurait pu être sauvé."

Lire : Jablonka, Reza, Slimani... Ils vont faire la rentrée littéraire

Elle cherche, dans son parcours, le moment de bascule. Toute tragédie est-elle une répétition du malheur? Toute tragédie est-elle un enchaînement de circonstances? Le premier grand échec, celui qui inaugure tous les autres, c'est Normale sup. Thomas Bulot échoue deux fois au concours d'entrée de la rue d'Ulm. Il n'est même pas admissible. Ses camarades, eux, réussissent. La vie reste devant lui. Il passe Sciences-Po et part à 23 ans à Columbia. Une malheureuse gaffe va être le premier grain de sable à enrayer la machine huilée. Thomas Bulot ne sait pas faire. Il se fait toujours remarquer à mauvais escient. Il en va ainsi lors d'un petit déjeuner avec les chefs d'État à l'ONU, alors qu'il est en stage au service culturel de l'ambassade de France. Il en va ainsi pour sa candidature comme professeur à Princeton, lors d'un dîner dans un restaurant avec une future collègue. Il ne possède, à proprement parler, aucun savoir-vivre.
Il s'en va vers la mort seul et entouré

L'ami déchu était un amoureux d'À la recherche du temps perdu, qu'il a choisi comme sujet de thèse. Catherine Cusset dresse un parallèle entre Marcel Proust et Thomas Bulot. Le rapport fusionnel à la mère qui attendait d'eux un grand livre. L'hypersensibilité, la jalousie dévorante, la santé défaillante, la dangereuse procrastination. Être un mondain et être un solitaire. Car c'est l'une des beautés sombres du livre. Thomas Bulot s'en va vers la mort seul et entouré. Ses amis se soucient de lui ; son amoureuse, Nora, se soucie de lui ; son père et sa sœur se soucient de lui. Mais l'une des différences essentielles entre Marcel Proust et Thomas Bulot réside dans les moyens financiers.

Thomas Bulot n'a pas d'argent et n'a pas d'assise. Sa mère est fille de concierge. La vie ne cesse de rétrécir ses ambitions. Il a besoin de travailler pour vivre. On le conteste professionnellement. Ses mises en danger sont des mises à mort. Les histoires d'amour s'enchaînent mais ne le délivrent pas. Les postes lui échappent (Princeton, Reed College après un an et demi, Wesleyan, New York University) et les femmes s'échappent (Elisa, Ana, Olga). Il finit avec un poste à l'université d'Utah, à Salt Lake City, puis, en 2005, avec un poste de professeur assistant à la Virginia Commonwealth University, à Richmond. Catherine Cusset a pensé appeler son roman "L'Amérique profonde" ou "À l'ami dont on n'a pas sauvé la vie".
L'enfant perdu d'un groupe sous cloche dorée

Le titre est emprunté à une chanson de Léo Ferré. "Avec le temps, va, tout s'en va/L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie". L'auteure de Jouir a cherché sous la pluie et le soleil le vrai visage d'un ami excessif. Avec lui, tout était si drôle, tout était si triste. "Le traumatisme se situe hors du temps car il peut sans cesse être réanimé. Le temps de la souffrance est du présent continu." L'auteure narre les différentes facettes de l'Amérique, le petit monde universitaire à la David Lodge, la force destructrice du désir. Thomas Bulot : plus il désire, plus il échoue. Sa peur d'être exclu s'accompagne de sa propension à se faire exclure. Il n'est pas comme les autres. Ses amis se marient, ses amis ont des enfants, ses amis s'intègrent dans la vie professionnelle. Lui reste l'homme du bas-côté. Tout laisse ici deviner la trace d'une génération choyée et d'un milieu cultivé. Les portes du paradis s'appellent Normale sup et la Terre promise se nomme l'Amérique. Il est l'enfant perdu d'un groupe sous cloche dorée.

L'écrivaine introduit "l'ombre d'une corne de taureau" (Michel Leiris) dans un roman autobiographique empreint d'une courageuse culpabilité. Qu'est-ce que rater, qu'est-ce que réussir? Thomas Bulot a toujours eu le sentiment d'échouer car il échouait par rapport aux autres. La narratrice ­Catherine, double de l'auteure, a six ans de plus que Thomas Bulot. Ils ont eu une liaison avant de devenir amis. Il lui rend un jour visite en Bretagne. Elle projette un livre sur l'histoire de ses amitiés et lui fait lire le passage le concernant. Il en est profondément blessé. Avec le recul, elle écrit : "J'ai transformé ta vie en un fil chronologique dont j'ai ôté toute substance pour la juger à l'aune du succès en suivant des critères purement sociaux." Thomas Bulot se rebelle contre son portrait. Il va ainsi faire d'elle un meilleur écrivain. Dans L'autre qu'on adorait, Catherine Cusset saisit son "être poétique" de manière bouleversante. Elle parle de son rapport à la littérature, au cinéma, à la musique. Ses plus grandes amours. Ses plus grandes vérités. Thomas Bulot était malade. Sa paranoïa, son complexe d'abandon, son incapacité à adhérer à la réalité. Il aurait sans doute pu être sauvé, si on avait diagnostiqué plus tôt sa bipolarité. L'autre qu'on adorait est aussi un roman vrai sur la maladie mentale. Il est d'autant plus difficile d'être dans l'altérité que l'autre est éloigné de la norme. La littérature est affaire de nuances. Tout ici souligne la différence entre fragilité et faiblesse, sensibilité et sentimentalisme, réussite et beauté. Vie intérieure et vie extérieure.
Une vie intérieure avec de petites ailes brisées

Thomas Bulot aimait ce que tout le monde aime. Lire, rire, draguer, voir ses amis, voyager. Il aurait souhaité avoir l'approbation de son professeur, Antoine Compagnon, mais il montrait à chaque fois son pire visage. Il était le plus intelligent, il est devenu le plus marginal. Les meilleurs d'entre nous ne sont pas ceux qui réussissent forcément. Le roman a une dimension politique. Comment on existe quand on ne travaille plus, comment on est considéré quand on échoue, comment on est traité quand on n'est pas dans la norme? Après avoir lu le livre que la narratrice voulait lui consacrer, faisant de son parcours une succession d'échecs et de ruptures, Thomas Bulot l'avertit : "Tu sais, Catherine, les gens ont quand même une vie intérieure." C'est cette vie intérieure qui se déploie ici de toutes ses petites ailes brisées. Catherine Cusset a aussi voulu un moment intituler son roman "Avec le temps". Mais non, car avec le temps tout ne s'en va pas, tout revient cingler le cœur. L'auteure n'a pas écrit un livre de deuil. Elle a écrit un roman de mémoire sensible en ­refaisant le chemin à l'envers, main dans la main, avec sa conscience en alerte. On lui en sait gré : elle a construit avec son écriture de brise-lames un abri littéraire à cet ami qu'on adorait.

Vidéo

5 questions posées à Catherine Cusset qui nous parle de son livre "L'autre qu'on adorait" paru aux éditions Gallimard.
Questions posées par Laurence Bellon.
Réalisation : Ronan Loup.

Événement lié

Catherine Cusset

Catherine Cusset

L'autre qu'on adorait

jeudi 08 décembre 2016 à 18h00, L'&

Thomas est brillant. Il aime Proust, le cinéma et la musique. Tout semble lui sourire. Alors pourquoi sa vie n'est-elle qu' une suite d'échecs professionnels et amoureux, son histoire une inexorable descente aux enfers ? Avec beaucoup de psychologie, un style rapide et efficace, Catherine Cusset nous livre un roman vibrant et touchant !

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Commentaires des libraires

Le looser Magnifique !

5 étoiles

Par .

Thomas est un jeune homme brillant et magnétique. Promis à un bel avenir, il échoue pourtant systématiquement dans ses entreprises professionnelles et amoureuses.
C. Cusset fait l’oraison de cet ancien ami qui mit fin à ses jours à 39 ans. Portrait juste et sensible d’un looser magnifique.
A découvrir.

4 étoiles

Par .

A vingt-six ans Catherine Cusset rencontre Thomas l’ami de son frère de six ans son cadet. Leur relation durera quelques mois et elle laissera place à une amitié. En 2008, Thomas âgé de trente–neuf ans se suicide. Dans ce livre, l'auteure s’adresse à Thomas pour nous nous raconter qui il était. Etudiant en lettres, il rate le concours d’entrée à une grande école prestigieuse. Pourtant Thomas est intelligent, cultivé, affamé de musique (en particulier le jazz), cinéphile et passionné de Proust. Tant pis, à vingt-trois ans, il décide de construire son avenir aux Etats-Unis qui lui offre une place à Colombia et la possibilité de préparer une thèse sur son auteur favori.

Il découvre New-York, il aime s’amuser et sortir, profiter de la vie avec excès. C’est un séducteur, un homme qui plait aux femmes. Après Colombia, il postule dans d’autres universités renommées pour enseigner mais les meilleurs postes lui échappent. Des universités plus petites l’acceptent. Spécialiste de la littérature et du cinéma, il devrait publier ses recherches ce qu'il remet toujours à plus tard. Et quand il veut s'y mettre, une immense fatigue s'abat sur lui l'empêchant de faire quoi que ce soit. Des périodes durant lesquelles il coupe les ponts avec tout le monde et où il boit de trop. Il accumule les échecs professionnels et sentimentaux. Mais Thomas aimant la vie reprend toujours le dessus. Il vient souvent en France et sa soeur le pousse à consulter. Ses changements d’humeur ont un nom : la bipolarité "C'est la maladie, pas toi, qui a ruiné ta carrière. Le découvrir est un soulagement". Mais Thomas finira par baisser les bras.

Catherine Cusset ne mélange pas ses sentiments et ses ressentis au récit (hormis dans l’épilogue). Et de cette façon, c’est Thomas qui est au centre de l’histoire. En choisissent le «"tu" dans la narration, elle montre son amitié affectueuse, sincère tout en restituant la densité et la fragilité de son ami.
Proust, la musique sont en filigrane dans ce livre sur la réussite sociale, sur cette maladie difficile à démasquer. Catherine Cusset rend un bel hommage à son ami. J'ai été très touchée.

"Echouer, il n'y a pas de verbe dont la multiplicité de sens soit plus approprié à ton cas : 1) ne pas réussir 2) toucher le fond par accident et couler 3) s'arrêter dans un endroit par hasard et sans l'avoir voulu. On pourrait même dire, pour citer Beckett ("Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaye encore. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux) que tu échoues de mieux en mieux. "

"Si tu aimes tant Proust, c'est pour son intuition fondamentale : la vie véritable est dans les fragments de temps qui échappent au temps. La fameuse madeleine n'est rien d'autre que la rencontre du présent et du passé qui permet de sortir de l'angoisse de la mort en n'étant ni dans le passé ni dans le présent mais entre les deux."

Errances glacées

3 étoiles

Par .

Tout a très bien démarré, une lecture prenante qui serre le coeur, 100 pages lues d'un trait ou presque et un attachement réel aux personnages. Thomas bien-sûr, mais également Catherine qui raconte la vie et la mort de son ami. Thomas, dont on découvre peu à peu la mélancolie, qui alterne les hauts et les bas, se heurte à de nombreux échecs, se soigne à l'alcool et qui reste finalement un adolescent, fou de littérature et de musique : Proust, Nina Simone et l'Amérique. Thomas et sa fêlure, qui finira par l'emporter dans la tombe. Une belle écriture, des mots choisis avec finesse pour ne pas dire volupté. Un roman de l’émotion.

Alors, pourquoi me suis-je réellement ennuyée en deuxième partie ? Que se passe-t-il dans ce texte pour finalement se mordre la queue et revenir sans cesse sur les mêmes errances (un peu comme Thomas) et lasser. Un peu comme si à force de vouloir raconter ce qu’elle a ressenti (peut-être de la culpabilité ?) Catherine Cusset se serait perdue dans le méandre des mots.

5 étoiles

Par . (Librairie l'Esperluète)

Thomas est brillant. Il aime Proust, le cinéma et la musique. Tout semble lui sourire. Alors pourquoi sa vie n'est-elle qu' une suite d'échecs professionnels et amoureux, son histoire une inexorable descente aux enfers ?
Avec beaucoup de psychologie, un style rapide et efficace, Catherine Cusset nous livre, un roman vibrant et touchant !

L'autre qu'on adorait

5 étoiles

Par .

**2  m i n u t e s
****2 fois par mois, le 2 et le 22,
Pascale Frey chronique un coup de cœur. **

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

5 étoiles

Par . (La librairie des Halles)

Un coup de cœur pour ce roman brillant tant par sa construction (écrit à la deuxième personne du singulier) que par son sujet. La narratrice, Catherine, retrace les 20 dernières années de Thomas, son ami "l'autre que l'on adorait" et le lecteur suit avec impuissance sa lente descente en enfer. Ses échecs à répétitions, sa solitude toujours plus prégnante...
Un magnifique voyage entre la France et les États-Unis, une déambulation littéraire et musicale.
Une déchirante déclaration d'amour et d'amitié...
Bouleversant !