Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Opium, roman

roman

Albin Michel

14,00
27 août 2020

opium, thé

Ouvrir un court roman de Maxence Fermine, c’est savoir que l’on va plonger dans un monde plein de senteurs et de douceur.

Je n’ai donc pas été déçue avec cet ancien roman de l’auteur qui, contrairement à ce que son titre indique, m’a plongé dans l’univers du thé. (À se demander pourquoi je ne l’avais pas encore lu…)

J’ai donc remonté la route du thé avec Charles Stowe, commerçant londonien, depuis les berges de la Tamise jusqu’au fin fond de la Chine encore fermée aux Occidentaux.

J’ai découvert les trois secrets du thé : la qualité des feuilles, la qualité de l’eau, mais si je vous dévoilais le troisième, je mourrais…

J’ai aimé croiser Mr Masson d’abord, puis Mr Fortune ensuite.

Un moment de lecture délicieux.

L’image que je retiendrai :

Celles des feuilles de thés qui crissent sous les doigts de Charles quand il les choisit.

https://alexmotamots.fr/opium-maxence-fermine/

Portnoy et son complexe
27 août 2020

adolescence

Je poursuis mon exploration de l’œuvre de Philip Roth, pas forcément dans l’ordre d’écriture.

Je découvre donc Alexandre Portnoy sur le divan de son psychanalyste, lui racontant ses mésaventures d’enfant élevé par une mère juive et un père absent dans une banlieue de Newark.

Son adolescence ne fut pas facile non plus, obsédé par son phallus qu’il astiquait à toutes les sauces.

Malheureusement, ce besoin ne le quittera plus, malgré une carrière brillante au sein de l’administration de New-York.

J’ai aimé retrouver certains thèmes déjà abordés par l’auteur dans d’autres romans : le communisme, le partie Bund imaginaire, la peur de la polio et de son poumon d’acier.

Certains passages m’ont fait sourire, et l’auteur a réussi ce tour de force de ne pas rendre les scènes de sexe, torrides et nombreuses, lassantes.

Un personnage que je n’oublierai pas de sitôt, tant j’ai pu poursuivre ma propre psychanalyse à travers lui…

Quelques citations :

Docteur Spielvogel, voici mon existence, mon unique existence, et je la vis au milieu d’une farce juive !

Mais où avons-nous tous pris cette idée ridicule et absurde que je suis si puissant, si précieux, si nécessaire à la survie de tout un chacun !

Parce qu’être mauvais, maman, c’est là le vrai combat : être mauvais et s’en délecter !

Mon Dieu ! Le langage est une forme de communication ! La conversation n’est pas qu’un simple échange de feux croisés où l’on canarde (…) les mots ne sont pas seulement des bombes et des balles – non, ce sont des petits cadeaux, chargés de signification !

L’image que je retiendrai :

Celle des jeunes filles dont tombe amoureux Portnoy et qui ressemblent toutes à des courges, rousses comme sa mère.

https://alexmotamots.fr/portnoy-et-son-complexe-philip-roth/

Les enfants du duc

Trollope, Anthony

Points

9,50
19 août 2020

19e siècle, Angleterre

Dernier volet de la série Palliser Novels dont je n’ai lu aucun des précédents. Qu’à cela ne tienne, l’auteur de la préface affirme que ce roman peut se lire indépendamment des précédents.

En effet, je n’ai eu aucun problème à placer les personnages dans leur contexte et à entamer ma lecture de ce roman au charme très anglais.

Un charme qui plus est intemporel car sur chaque correspondance échangée ne figure que le début de l’année 18…, comme si peu importait la dizaine, l’Angleterre du 19e siècle ne bougera jamais.

J’ai aimé ce pauvre père Plantagenet Palliser, dont la femme bien-aimée vient de mourir, qui ne sait pas comment faire avec son fils ainé qui siège comme lui à la Chambre des Communes mais sous une autre étiquette politique, qui joue et perd des sommes folles aux courses.

Ce fils ainé qui tombe amoureux d’une belle américaine riche qui danse avec les ducs anglais aussi bien qu’avec les banquiers de New-York.

Avec sa fille qui s’entête à vouloir se marier avec un fils de lord désargenté, mais honnête.

Avec son fils cadet qui se fait renvoyer de Cambridge.

Les chapitres sur la chasse à la grouse m’ont moins passionnée.

Un roman paru sous forme de feuilleton, et cela se sent car mon intérêt de lectrice fut sans cesse renouvelé.

Un grand auteur britannique que je n’avais pas encore pris la peine de lire. Voilà qui est fait, quelle belle découverte.

L’image que je retiendrai :

Celle des bancs durs de la Chambre des Communes où les députés se doivent de rester assis, à défaut d’ouvrir la bouche.

https://alexmotamots.fr/les-enfants-du-duc-anthony-trollope/

Terminus Belz
19 août 2020

Bretagne, policier

Ce roman Prix du polar SNCF m’a fait voir du pays : d’abord le périple de Marko depuis l’Ukraine jusqu’à Belz ; la poursuite des 3 autres échappés du convois par un tueur roumain qui ne manque pas de ressources ; les légendes du pays de Lorient sur les sorcières, les revenants et l’Ankou.

J’ai aimé Marko, jeune homme qui n’a pas peur du travail et qui, malgré le mal de mer, travaille sur un bateau de pêche ; tombe amoureux de la belle institutrice veuve ; se lie d’amitié avec le libraire.

J’ai aimé son patron, Caradec, un vieux de la vieille qui n’a peur de personne, et surtout pas de Pierrick qui lui reproche d’aller chercher sa main d’œuvre ailleurs que sur l’île. Caradec qui prend Marko sous son toit et le cache quand la gendarmerie enquête sur la mort tragique de Pierrick.

J’ai aimé Papou qui traîne sur le port à la recherche de petits boulots, mais qui n’a pas le pied marin, qui se fait payer en nature et habite une cahute loin du bourg.

Un suspens qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout, malgré quelques incohérences : comment le coupable a-t-il trouvé le médaillon d’une jeune femme morte depuis des décennies ?

Un roman qui flirte avec le fantastique lorsque Marko se retrouve une nuit aux prises avec une bien étrange présence.

L’image que je retiendrai :

Celle de la veille soupière dans laquelle se trouve le bazar de Caradec, et surtout la clé de l’énigme.

https://alexmotamots.fr/terminus-belz-emmanuel-grand/

De bonnes raisons de mourir
8,90
19 août 2020

Policier, Ukraine

De l’auteur, j’avais adoré le premier roman Trop de morts au pays des merveilles. Et Morgan Audic a su me faire mentir : un second roman peut-être aussi bon que le premier.

Imaginez un décor de rêve : l’Ukraine, l’ex grenier à blé de l’URSS ; son petit village touristique de Prypiat et sa célèbre centrale nucléaire ; sa guerre du Donbass qui n’en finit plus.

C’est dans cette zone de rêve fermée au public, mais pas aux touristes, que se déroule l’action de ce roman.

J’ai aimé les personnages : Rybalko embauché par Vektor Sokolov ex-ministre pour découvrir qui avait tué, mutilé et exposé son fils sur une tour d’habitation de Prypiat ; Melnyk et sa subordonnée Novak qui enquête officiellement sur ce même meurtre. Nous les suivons alternativement à chaque partie.

Si je connaissais un peu ce qu’il s’est passé à Tchernobyl, j’ai aimé l’hommage que rend l’auteur aux liquidateurs dont on ne connaîtra jamais le nom et qui ont empêché que l’Europe soit rayée de la carte si l’eau contenue sous la centrale ne s’évacuait pas.

J’ai découvert une zone de milliers d’hectares encore vivante : animaux et végétaux, mais aussi hommes qui continuent le business.

Un polar que l’on ne lâche pas comme je les aime.

Une citation :

Au plus fort du trafic, c’était dix à quinze tonnes de métal que les équipes d’Agopian faisaient sortir chaque nuit de la zone, avec la complicité des flics qui surveillaient les check-points. L’or noir de Tchernobyl (irradié) était ensuite expédié dans l’est du pays, où il était refondu dans les forges du Donbass, puis envoyé en Chine ou en Inde pour y être transformé en capots de voitures, en escabeau ou en trottinettes qui se revendaient ensuite sur le marché européen. (p.508)

L’image que je retiendrai :

Celle de l’hirondelle empaillée tâchée de sang que le meurtrier dépose sur chaque scène de crime.

https://alexmotamots.fr/de-bonnes-raisons-de-mourir-morgan-audic/