Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La place de l'Étoile
19 décembre 2019

littérature

J’ai décidé de lire Modiano (à peu près) dans l’ordre. Enfin, pas tout – faut pas pousser non plus – juste ses romans les plus marquants, les plus appréciés.

Je commence donc avec La place de l’étoile.

Oui mais voilà, comme j’ai lu les derniers romans de l’auteur, et au vue du titre, j’en ai déduis qu’il s’agirait d’une déambulation dans Paris autour de la Place de l’étoile, ou en tout cas pas loin.

Et bien pas du tout ! Quelle claque…

Le propos : Le roman raconte, sur un mode en partie autobiographique, mais surtout parodique et pastiche, l’histoire de Raphaël Schlemilovitch, juif français né juste après la guerre et hanté par l’image de cette guerre et par la manie de la persécution. Le héros, qui est aussi le narrateur, raconte son histoire de manière complètement hallucinée, mélangeant réalité et fictions personnelles.

L’auteur nous offre une plongée dans la littérature d’avant-guerre et de pendant-la-guerre, s’amusant à pasticher quelques grands écrivains et penseurs en vogue dans ce contexte bien particulier. Un vrai dynamitage réjouissant.

Le narrateur n’hésite pas lui-même à brocarder le mythe du juif ou du martyre.

Est-ce que ce roman a une place à part dans l’oeuvre du Prix Nobel ? Je le découvrirai lors de mes prochaines lectures.

https://alexmotamots.fr/la-place-de-letoile-patrick-modiano/

Avalanche Hôtel

Le Livre de Poche

7,70
16 décembre 2019

enquête, mémoire

Qui est Joshua Auberson ? Un agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel dans les années 80 ou un policier sauvé d’une avalanche de nos jours ?

Le récit nous emmène dans les Alpes Suisses en plein hiver : neige au rendez-vous.

En toile de fond : l’hôtel délaissé sur la colline que Joshua connait sans se rappeler y être jamais allé. Et surtout cette chambre 81, dont le numéro revient souvent dans sa vie.

J’ai aimé suivre l’enquête de Joshua sur une jeune fille mystérieusement disparue de l’hôtel le lendemain de ses 18 ans en 1980.

Enquête qui amènera Joshua à se pencher sur son passé et sa naissance.J’ai souri chaque fois que sa conscience se manifestait à lui sous la voix de Chaminou.

La collègue de Joshua m’a fait rire parfois avec ses réparties cinglantes.

J’ai aimé les méandres de la mémoire : l’auteur ayant relu Modiano avant d’écrire son roman.

On est très loin de Toxique, le premier roman que j’ai lu de cet auteur. Tant mieux, un univers complètement différent. Et j’aime quand les auteurs savent se renouveler.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille piste de bobsleigh abandonnée.

https://alexmotamots.fr/avalanche-hotel-niko-tackian/

Noël à Chambord
16 décembre 2019

Chambord

Quel titre alléchant : Noël dans un château de conte de fées….

Pour qui connait l’intérieur de la battisse derrière la façade, cela ne fait pas forcément envie : c’est un château plein de courant d’air.

En ouvrant ce roman, j’ai été agréablement surprise par ce que j’y ai lu et découvert.

Le récit débute par une partie de chasse (ce n’était pas gagné). Mais pas n’importe laquelle : celle à laquelle s’est rendu Emmanuel Macron en décembre 2017 avec sa famille pour son anniversaire.

L’auteure croise trois histoires : le récit de ce fameux week-end d’anniversaire – l’histoire des chasses royales et républicaines – l’histoire de château et de François Ier.

J’ai aimé découvrir les parallèles que fait l’auteure à travers les siècles : l’histoire se répète parfois.

J’ai découvert le monde de la chasse des riches en Sologne.

Et pour parfaire le tableau, l’auteure ne cesse de répéter que les puissants en visite à Chambord foulaient sous leurs pieds des pétales de roses.

Une lecture intéressante à plus d’un titre : l’Histoire avec sa grande hache, les enfants qui courent de partout, les gilets jaunes et les intermittents du spectacle…

L’image que je retiendrai :

Celle des photos prises le week-end par des particuliers avec Emmanuel Macron qui s’y prête de bonne grâce. certaines ont fuitées, d’autres pas.

Quelques citations :

Les « esprits chagrins », n’en déplaise au président, n’ignorent pas que le château de Sologne porte la poisse.

La chasse étant alors ce qui, au début du XXIe siècle, deviendra le footing : une gymnastique exaltant la vigueur du jeune corps en politique.

https://alexmotamots.fr/noel-a-chambord-emilie-lanez/

L'empathie

Renand, Antoine

Pocket

7,90
16 décembre 2019

policier

Prix Goutte de Sang d’encre 2019, excusez du peu.

Je me suis donc fait dédicacer ce roman par l’auteur, et découvert La Poire, Marion, et tous les autres.

Le personnage le plus marquant, c’est celui du méchant : Alpha. Cet homme est un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.

Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la » brigade du viol ».

Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent.

Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.

Nous découvrons ainsi, au détour d’un chapitre qui lui est consacré, le passé torturé de chacun des trois personnages principaux.

J’ai aimé découvrir La Poire, son passé d’enfant victime dans un monde bourgeois.

Mais aussi Marion, l’ancienne petite fille kidnappée. Et Déborah, la quatrième victime qui tente de poursuivre sa vie. Des femmes fortes dans ce roman, qui se trompent parfois, mais qui restent jusqu’au bout.

Même si on a besoin de solitude, à certains moments de notre vie, on a aussi besoin des autres.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grande maison du réalisateur Sully et du lac dans sa propriété.

https://alexmotamots.fr/lempathie-antoine-renand/

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
34,90
16 décembre 2019

bande dessinée

On ne présente plus cet excellent album maintes fois primé.

Ses personnages plus vrais que nature ; ses intrigues ; son graphisme.

Un auteur et dessinateur qui vous embarque dans son univers dès la première page.

Quelques longueurs, parfois.

Mais une lecture addictive tant on a envie de retrouver Sandy et sa faim insatiable, le passé d’Anka, et le frère décédé mystérieusement.

Au milieu de passages violents – nous sommes à Chicago dans les années 60 – apparaissent des toiles de maîtres, offrant une respiration artistique.

Sans oublier Karen avec son imper et son chapeau de détective, ses quenottes apparentes.

https://alexmotamots.fr/moi-ce-que-jaime-cest-les-monstres-emil-ferris/