Elizabeth P.

Corentine
5 août 2019

Elle est surprenante Roselyne Bachelot. Elle peut être aussi agaçante que sympathique et amusante. Ce livre est une bonne surprise. Bien écrit, intéressant.
La vie de sa grand-mère n’est pas un long fleuve tranquille. De la vie de ses débuts à nos jours, il semble qu’il y ait plusieurs siècles tant les conditions de vie ont changé.
C’est drôle les ressentis. Autant je n’avais pas été très sensible au « Mémé » de Philippe Torreton, autant j’ai apprécié cette Corentine au parcours difficile.
Roselyne Bachelot a su lui rendre un magnifique hommage

L'enfant qui
13,80
2 août 2019

Un beau conte poétique, triste, lancinant
L’enfant ne parle pas
Il est seul
Il marche beaucoup
Sa mère, une gitane à la jupe rouge fanée est partie
Il vit avec son père menuisier et sa grand-mère
Qui parle à l’enfant ?
Qui est ce « nous » ?
L’enfant est-il un garçon ou une fille ?
Peu importe
La magie opère et on se laisse embarquer par ces phrases plus belles les unes que les autres dans un monde où l’imaginaire est maître.
La nature et le corps sont complices pour aider l’enfant à s’inventer.
Jeanne Benameur est une magicienne des mots et des personnages.

Fugitive parce que reine
31 juillet 2019

Violaine Huisman est la fille de Denis Huisman et de Catherine Cremnitz.
Dans la première partie, elle raconte son enfance et celle de sa sœur. Dans la seconde, la vie de sa mère. Dans la troisième, la vie après la mort de sa mère.
Une mère omniprésente, fantasque, débordante d’amour, déjantée, instable, bipolaire, très classe ou très vulgaire. Un père tout aussi aimant, mais très particulier d’une autre manière. Des parents hors norme, inclassables.
Ce livre est un cri d’amour pour sa mère, si fusionnelle puis si fuyante. Une véritable reine mise sur un piédestal.
Une mère qui leur en a fait voir de toutes les couleurs mais les aimait passionnément.
Le texte est dense, authentique, émouvant. Les lignes sont serrées, sans beaucoup d’air, comme si l’auteur voulait en dire un maximum. Et elle en dit beaucoup sans que jamais on ne ressente de l’exhibition, du déballage.
Tout reste sobre dans l’excès, et ça n’a rien d’un exercice facile. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman autobiographique.

Point Cardinal
28 juillet 2019

Laurent, marié, deux enfants adolescents, a tout pour être heureux
Petite famille presque parfaite.
Seulement voilà, eu fond de lui il se sent femme, et parfois, se transforme en Mathilda.
Petit à petit, il va tout braver et laisser sa véritable personnalité se révéler.
Par rapport aux précédents romans de Léonor de Recondo, j’ai été un peu déçue.
Certes, l’écriture est toujours belle et précise. J’ai vu un jour un film qui racontait la même histoire. Donc, en lisant, cette impression de déjà connu ne m’a pas quittée. Le livre se lit très rapidement.
Si l’évolution de Laurent est bien analysée, je n’ai pas retrouvé la même profondeur que dans "Pietra Viva" et dans "Amours".

Changer l'eau des fleurs
8,90
24 juillet 2019

Violette n’a jamais vraiment eu de chance. Sans jamais se plaindre, elle a beaucoup subi.
Très jeune, elle épouse Philippe Toussaint et ils ont une petite fille, Léonine.
Ils sont gardes-barrière. Enfin, elle plutôt, parce que lui préfère faire des tours de moto que de s’occuper d’elles et des barrières.
Après un drame, Violette se retrouve gardienne de cimetière.
Elle est douce Violette, entière, compréhensive.
J’ai adoré cette jeune femme un peu décalée, puis cette femme mûre, si seule mais si humaine.
Au début, j’étais un peu déçue par rapport aux « Oubliés du dimanche »
Et puis très vite, la même émotion, le même enthousiasme, la même envie d’en savoir plus.
Valérie Perrin n’en est qu’à son deuxième roman. J’espère vivement que d’autres suivront.
Quelle intensité dans l’écriture.
Quelle subtilité dans la construction du roman.
Quel amour pour ses personnages.
Même Philippe Toussaint, si antipathique au début, finit pat nous attendrir.
Cette petite communauté au cœur du cimetière de Brancion-en-Chalon est un havre de paix et de bonheur simple malgré les drames et les peines.
Et pour notre plus grand plaisir, c’est un gros livre. Plus de 650 pages, et pas une seconde d’ennui.
Merci à Valérie Perrin de ce partage.