Elizabeth P.

Vera Kaplan
13,00
10 janvier 2017

L’histoire de Vera Kaplan, c’est celle véridique de Stella Goldsclag, une jeune juive berlinoise qui, pour sauver ses parents de la mort, collabore avec les nazis en dénonçant d’autres juifs.
Pour raconter cette histoire, l’auteur imagine un journal intime et une lettre que Vera, à la veille de son suicide, à 72 ans, envoie à sa fille en Israël.
Or, sa fille, qui lui fut retirée enfant et qu’elle n’a jamais revue, est aujourd’hui décédée. C’est le petit fils qui reçoit donc toutes ces informations qui vont bouleverser la vision qu’il a de sa famille dont il ne savait rien.
Elle est très ambivalente, Vera, fascinante aussi. Sa pulsion de vie qui aurait pu être un atout en temps de paix devient vite monstrueuse en temps de guerre.
On la comprend sans l’excuser.
Comment se comporte l’être humain en situation désespérée ? Comment aurions-nous fait ? C’est toute la question que pose ce livre.
Laurent Sagalovitsch a bien su mettre en scène la vie de Vera, en utilisant cette lettre et ce journal intime. Seule semble romancée l’intervention du petit fils.
Un extrait qui résume bien sa vie :
« Née à Berlin en 1922.
Dès le départ elle n’avait aucune chance pour que son histoire finisse bien »

Camille et merveille

Serge Safran Éditions

18,90
9 janvier 2017

coupable, non coupable ?

Camille vend des couteaux à huîtres révolutionnaires sur les foires. Il aide sa voisine, impotente et acariâtre dans de menues besognes, et est plus ou moins ami avec son voisin, un immigré colérique.
Un jour il rencontre une jeune femme dont il tombe éperdument amoureux. Merveille. Mais quel est le lien entre elle et ses deux voisins ?

Les personnages sont sympathiques et touchants, même les voisins malgré leurs sales caractères.
C’est un roman sans prétention, mais prenant, vivant, tout en dialogues,
sur le thème de l’amour entaché par la calomnie et le doute qu’elle engendre.
Le suspens monte, et, comme Camille, on ne sait plus qui croire.

Avec les pires intentions
30 décembre 2016

Grandeur et décadence

Grandeur et décadence !
La société juive romaine dans toute sa splendeur.
Du grand-père, Casanova invétéré, flambeur, sans moralité, au petit-fils, Daniel, une famille d’où ressortent tous les excès du « mâle » italien et toutes les caractéristiques du comportement juif.
Les personnages, aux personnalités outrancières, sont presque caricaturaux.
La seconde partie est plus réservée à Daniel et ses amours malheureuses.
Voilà une famille passée au peigne fin. Trois générations s’y succèdent, avec des sauts dans le temps, de telle façon que l’on s’y perd un peu.
Choquant parfois, excessif souvent, un peu brouillon, mais très intéressant.

VENGEZ-MOI !
17,10
28 décembre 2016

Jean-Christophe est en garde à vue, puis jugé, puis incarcéré pour avoir fait subir des violences à une jeune femme.
Un roman qui commence comme un polar, puis on rentre dans l’univers de Jean-Christophe et on se retrouve dans une intrigue des plus prenantes. Petit à petit on cerne sa personnalité et des questions se posent suscitant une grande curiosité quant à la chute possible.
Une lecture qui démarre de manière très ordinaire puis très vite captive et passionne.
Le style est agréable et le scénario très original

L'infirme aux mains de lumière
26 décembre 2016

Amitié

Un homme, habitué d’un café, se lie d’amitié avec un autre client, Anselme Théodat.
Avec tact et à petites touches, ils vont faire plus ample connaissance.
Anselme est un fonctionnaire de peu d’ambition qui renonce à s’élever par abnégation, pour s’occuper de sa sœur, et mène une vie simple et banale.
C’est un roman qu’il faut lire en essayant de se replonger dans les années 1920 où le rythme de vie et les mentalités étaient différents.
Une belle et lente histoire d’amitié et de renoncement. Une belle manière de donner vie et de rendre hommage à des gens simples.
Un roman de 1923 réédité par les éditions L’évéilleur.